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L'hypnose pour traiter les nausées et les vomissements: ça marche !
  
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Hypnose et thérapies brèves
  
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Hypnose et FIV

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CLUB DOULEUR ENFANT ILE DE FRANCE

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU 11 JANVIER 2005

L'hypnose, la relaxation, qu'est-ce que c'est, comment ça marche ?

Dr Chantal Wood, pédiatre,
Unité Douleur, Hôpital Robert Debré, Paris
Antoine Bioy, psychologue clinicien,
Unité douleur et soins palliatifs de l'adulte et de l'enfant, Hôpital Bicêtre, le Kremlin-Bicêtre
Isabelle Celestin-Lhopiteau, psychologue clinicienne,
Unité d'analgésie pédiatrique, Hôpital Trousseau, Paris

Comme toute stimulation sensorielle, la douleur
est soumise aux influences de l'attention, de
l'anticipation, de l'imagerie mentale, de
conditionnements antérieurs. Les zones cérébrales
fronto-cingulaires sont activées par les techniques
non médicamenteuses telle l'hypnose. Cela est
mis en évidence par l'imagerie fonctionnelle (PET
Scan, IRM fonctionnelle).
Des études scientifiques de plus en plus
nombreuses montrent l'effet de l'hypnose sur la
douleur et l'anxiété. C'est pourquoi l'hypnose est
de plus en plus utilisée pour traiter la douleur, que
ce soit chez l'adulte ou chez l'enfant.

QU'EST-CE QUE L'HYPNOSE ?
L'état hypnotique commence par une condition de
relaxation physique et mentale, associée à une
focalisation sur un ou plusieurs objets : les
suggestions initiales de l'induction hypnotique
sont dirigées vers ces deux buts. Attention
concentrée et focalisée, absence de jugement ou
de censure, avec suspension de la notion de temps
et de lieu, réponses quasi automatiques : cet état
permet l'incorporation de suggestions hypnotiques
  • dont celles de l'analgésie. L'hypnose est un état
naturel que nous expérimentons tous à différents
moments de la journée. Spontanément, il peut
survenir devant un bon film à la télévision, ou lors
de l'observation d'un paysage ou d'un tableau…
Nous passons alors d'une forme active de
concentration à une forme plus détendue, passive.
Cet état est encore plus habituel chez l'enfant car
il n'y a que peu de barrières entre le réel et leur
imaginaire.

COMMENT INDUIRE UN ETAT HYPNOTIQUE ?
Pour pratiquer l'hypnose avec un enfant, il est
nécessaire qu'une relation thérapeutique de
qualité s'installe. Il semblerait même que les
limites soient principalement liées aux propres
limites du thérapeute, pas assez convaincu ou
manquant de créativité. L'induction d'un état
hypnotique doit suivre des techniques, non
seulement adaptées à l'âge de l'enfant, mais aussi
à son fonctionnement cognitif.

L'HYPNOSE ET DOULEUR,
ASPECTS PRATIQUES (DR C WOOD)
On peut citer quatre situations d'hypnose utilisées
chez l'enfant :
  • l'hypnose conversationnelle
  • l'hypnose avec le mélange équimolaire
d'oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA)
  • l'hypnose en « prémédication » pré-opératoire
  • l'hypnose sans sédation médicamenteuse : hypno
analgésie
L'hypnose conversationnelle
À partir de la seconde moitié du XXe siècle, les
travaux de Milton Erickson ont permis de mettre
en place une véritable réflexion sur la forme de
communication hypnotique.
Quelques exemples en pratique :
• Le cerveau n'entend pas la négation : il suffit de
demander à quelqu'un : « Ne pensez pas à un
éléphant rose ! » pour qu'il se l'imagine
aussitôt… On comprend l'importance d'éviter lors
des soins des phrases comme : « N'aie pas
peur… » qui soulignent justement le mot «peur»,
ou « Tu n'auras pas mal… » qui soulignent le mot
« mal »…
• Projeter le patient dans le futur du geste ou de la
chirurgie est une bonne application de l'hypnose
conversationnelle : « Comme tu seras content,
quand j'aurai fini de t'examiner et que tu pourras
regarder la télé ! », «Comme vous serez heureuse,
Madame, quand vous tiendrez votre nouveau-né
dans les bras ! »
• La régression en âge est également utile, surtout
lors de la prise en charge d'un handicap
transitoire : « Tu te rappelles quand tu as
commencé à marcher ?… Tu mettais un pied, puis
un autre, et tu tombais… Puis un jour tu n'es plus
tombé. Et aujourd'hui, lorsque tu marches, tu ne
penses même plus à tes pieds ! Alors tu vois, ce
poignet et cette petite main qui ont oublié de faire
leur travail, vont le réapprendre. Et plus tu vas les
faire travailler, plus ils vont apprendre à redevenir
comme avant… ».

L'hypnose avec le mélange équimolaire
d'oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA)
L'utilisation de techniques hypnotiques associées
au MEOPA est particulièrement utile. En octobre
2003, l'équipe de l'Unité de Traitement de la
Douleur de l'Hôpital Robert Debré avait déjà
effectué plus de mille accompagnements
hypnotiques avec le MEOPA.
Les principales indications sont aujourd'hui :
  • les ponctions lombaires,
  • les ponctions de moelle,
  • les ponctions biopsie rénale,
  • les pansements divers,
  • les poses de voies veineuses,
  • les retraits de drains et de redons,
  • les soins des enfants anxieux ou phobiques.
Le gaz utilisé est donc le mélange équimolaire
d'oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA), qui
assure une analgésie de surface, une sédation
consciente, une anxiolyse et une euphorie. Il
facilite a priori la focalisation sur « autre chose »
que le geste. Pendant l'inhalation, l'enfant garde
un contact verbal et interagit avec la personne qui
« l'accompagne ».
Après obtention de son consentement (et son
adhésion), on lui demande ce qu'il veut « vivre »
pendant le geste douloureux, quitte à impliquer
ses parents, qui connaissent ses habitudes et ses
goûts :
  • faire du foot, du roller, nager,
  • manger une cerise,
  • faire un voyage,
  • raconter une histoire,
  • préparer le gâteau d'anniversaire,
  • décorer l'arbre de Noël,
  • piloter un avion, faire de la moto, du parapente...
Les techniques hypnotiques utilisées alors sont la
visualisation et l'imagerie mentale.
Il semble que cette technique soit supérieure à
l'administration de MEOPA seul. En effet, en
association avec le MEOPA, l'hypnose permet à
l'enfant de focaliser plus facilement son attention
ailleurs, d'obtenir plus vite une dissociation. Les
petits patients ne se rappellent plus précisément ni
du geste, ni de la douleur, mais se souviennent
d'avoir fait un rêve agréable. Ils ne ressentent plus
ou pas d'appréhension vis-à-vis d'un geste futur.

L'hypnose en prémédication
en pré-opératoire
L'équipe de Claude Ecoffey, à Rennes, a comparé
l'hypnose versus midazolam (Hypnovel ® ) pour la
prémédication de 50 enfants âgés de 2 à 11 ans en
pré opératoire immédiat :
  • 23 enfants ont bénéficié de l'hypnose,
  • 27 ont reçu 0,5 mg/kg de midazolam.
L'évaluation a été faite sur un test d'anxiété
préopératoire (MYPAS : Modified Yale
Preoperative Anxiety Scale), et sur le Score
PHBQ (Post Hospitalisation Behaviour
Questionnaire) du comportement post-opératoire.
Les résultats ont été les suivants :
  • en prémédication, l'hypnose permet de réduire le
nombre d'enfants anxieux à l'induction (39 % vs
68 %) ;
  • en post-opératoire, l'hypnose réduit d'environ de
moitié la fréquence des troubles du comportement
à J1 (30 % vs 62 %) et J7 (36 % vs 59 %).

L'hypnose sans sédation médicamenteuse :
l'hypno-analgésie et l'hypnothérapie
Plus de 170 enfants en ont bénéficié à l'Hôpital
Robert Debré.
• Dans un contexte d'urgence :
  • enfant inexaminable, traumatisme…,
  • ponctions veineuses…,
  • autres gestes douloureux.
• Pendant une hospitalisation :
  • pour entrer en contact avec l'enfant (effrayé,
mutique…),
  • pour des pansements faits sans analgésique
  • en association avec la kinésithérapie,
  • en cas de phobie des piqûres, des ponctions
lombaires…,
  • pour obtenir une relaxation.
• Pour des douleurs chroniques et/ou récurrentes :
  • douleurs de toute origine, maladies chroniques
douloureuses ;
  • douleurs abdominales, céphalées ou migraines,
douleurs myo-fasciales.
• En situation de fin de vie.
Les suggestions d'hypno-analgésie
sont de plusieurs registres
• Suggestions directes d'anesthésie hypnotique
  • sensation de corps cotonneux,
  • appliquer une pommade anesthésiante :
« pommade magique »,
  • mettre de l'anesthésie dans un endroit choisi,
  • faire une anesthésie en gant : « gant magique »,
  • visualisation du circuit de la douleur,
  • interrupteur de la douleur.
• Suggestions qui éloignent la douleur
  • Faire que cette partie de ton corps ne fait pas
partie de toi : « imagine que ton bras ne
t'appartient pas et qu'il s'éloigne ».
  • Transférer la douleur à un autre endroit du
corps : « imagine que cette PL se fait sur ton
doigt ».
  • Éloigner la douleur : être quelque part…
ailleurs…
• Suggestions ne pouvant s'associer à la douleur
  • le confort : se rappeler une situation
confortable ;
  • le rire : penser au film le plus drôle qu'on ait vu ;
  • la relaxation : se concentrer sur la respiration,
respirer profondément, se détendre, et faire
diminuer la douleur…
• Suggestions de distraction
  • raconter une histoire ou un conte ;
  • raconter un match, un film ;
  • faire participer l'enfant à un soin et le raconter ;
  • se concentrer sur quelque-chose de moins
désagréable : par exemple se focaliser sur le froid
lors d'une PL ou sur la sensation de la
perfusion…
• Attirer l'attention sur la douleur
  • le globe illuminé : « si tu es à l'intérieur d'un
globe illuminé et si tu progresses sur la carte de
l'inconfort… ». Modifier la forme, les sensations,
les couleurs, le bruit, etc ;
  • l'amnésie de la douleur : laisser l'esprit oublier
la douleur ;
  • faire un voyage à l'intérieur de ton corps : visiter
les différents endroits et associer l'interrupteur de
la douleur ;
  • la distorsion du temps : quand on s'amuse le
temps passe vraiment vite… Et quand on
s'ennuie, il passe lentement…
Il est nécessaire de fixer un objectif avec l'enfant,
de lui expliquer la technique en la personnalisant,
et de lui faire comprendre la nécessité d'un
apprentissage. Au cours de la prise en charge du
patient, il est indispensable que celui-ci apprenne
l'auto-hypnose afin de se familiariser à l'outil et
de pouvoir à tout moment l'utiliser lors d'une
crise douloureuse ou dès qu'il en aura besoin -
voire devenir un « coach » pour d'autres
(modelling). Dans certains cas, l'enregistrement
d'une cassette audio peut aider l'enfant dans cet
apprentissage (exemple en réanimation ou en fin
de vie).

CONCLUSION
L'hypnose utilise des techniques ludiques, qui
apportent une certaine détente, améliorent
l'approche de l'enfant, son vécu de la douleur, et
lui permettent de « faire face ». Elle apparaît
comme un complément indispensable dans le
traitement de la douleur aiguë ou prolongée. Elle
permet de surcroît la mise en place d'un travail
d'équipe entre l'enfant, sa famille, les soignants et
le thérapeute, dont le vécu est amélioré car il doit
être créatif, renouveler ses métaphores, et
s'adapter au monde de l'enfant.

L'HYPNOSE, ASPECTS THEORIQUES
ET HISTORIQUES (A BIOY)
L'hypnose est un mode de fonctionnement
psychologique dans lequel un sujet, grâce à
l'intervention d'une autre personne, parvient à
faire abstraction de la réalité environnante, tout en
restant en relation avec l'accompagnateur
(J. Godin). Née du magnétisme animal, l'hypnose
a permis l'éclosion de la psychothérapie, de la
psychiatrie, de la psychologie clinique, et de la
psychanalyse. L'approche dite « communicationnelle
» a été introduite par Milton H. Erickson
(relation différente à l'autre, clinique avant tout, le
langage permettant l'accès au psychisme). Les
bases conceptuelles reposent sur la psychopédagogie
de Carl Rogers (l'homme, en constante
évolution positive, doit être maître de ses choix
dont il accepte la responsabilité et acquiert ainsi la
liberté d'être lui-même). Les bases théoriques ont
donné naissance à l'école de Palo Alto et à la PNL
qui étudient des modèles de communication pour
atteindre un équilibre soi/environnement.
Dans un usage psychothérapeutique, l'hypnose
permet une levée des résistances (accès plus direct
à l'inconscient du sujet) et facilite de ce fait
l'introspection. Son efficacité repose sur les
mêmes ressorts que pour l'effet placebo :
influence du cadre de pratique, importance du lien
thérapeutique fondée sur la croyance et la
confiance. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien,
mais que l'efficacité se puise avant tout dans le
relationnel et qu'il n'existe pas de « pouvoir »
particulier à acquérir.
Seuls les soignants et les « psys » sont habilités à
la pratiquer après une formation complète (un à
trois ans) et en se méfiant des méthodes courtes
d'apprentissage (c'est-à-dire qui ne laissent pas de
place à l'expérience et aux apprentissages
pratiques).
Il s'agit d'une technique, non d'une science, basée
essentiellement sur une relation d'aide afin
d'améliorer la prise en charge globale des patients
en souffrance.

Présentation du film :
« Relaxation, hypnose et migraine
de l'enfant » (I Célestin-Lhopiteau)
Ce film décrit précisément la réalité de
l'apprentissage de la relaxation et de l'hypnose
thérapeutique dans le traitement de fond de la
migraine de l'enfant. Après un rappel de l'état des
connaissances concernant la migraine de l'enfant,
ce film montre, grâce à l'alternance de séances
filmées, d'interviews d'enfants, de parents et de
professionnels, l'intérêt sur le plan psychologique
et somatique de ces deux pratiques
dont l'apprentissage permet à l'enfant d'acquérir
une meilleure autonomie.

La relaxation
Le terme de relaxation correspond à une réalité
physiologique : la diminution du tonus
musculaire. La relaxation n'est pas comme
certains l'imaginent de l'inaction car au contraire
c'est une action de concentration sur soi, sur ses
sensations. La relaxation est « une tentative de se
libérer physiquement, mais aussi moralement,
intellectuellement et effectivement d'une
contrainte ».

L'hypnose
C'est en se mettant, pendant la séance d'hypnose,
en contact plus amplement avec son imagination
et à partir de ses expériences corporelles, que
l'enfant va se recentrer peu à peu sur sa propre
expérience, l'observer, la considérer
différemment, découvrir des possibilités de
changement et ainsi réactiver le plus efficacement
possible ses propres ressources pour changer.
Pour cela, il existe différentes clefs ouvrant cette
porte vers l'imaginaire et permettant à l'enfant de
mettre en scène les multiples facettes d'une réalité
possible : le jeu, les dessins, les contes, dans
lesquelles il se projette avec toute la force de son
imagination pour reconfigurer son monde,
changer sa relation aux autres et à soi-même.
En pratique les deux techniques obtiennent des
résultats comparables dans la migraine de l'enfant
(nombreuses études, étude récente randomisée au
centre de la migraine de l'enfant de Trousseau).
Ce film très pratique permet de mieux comprendre
le contenu des séances.


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